Pause repas : après combien d’heures, et faut-il la payer?

Deux questions, deux réponses différentes. Trente minutes, au-delà de cinq heures consécutives — et cette période est sans salaire, sauf dans un cas que beaucoup d’employeurs manquent. La pause café, elle, obéit à une autre règle.

L’article 79, mot pour mot

« Sauf une disposition contraire d’une convention collective ou d’un décret, l’employeur doit accorder à la personne salariée, pour le repas, une période de trente minutes sans salaire au-delà d’une période de travail de cinq heures consécutives.

Cette période doit être rémunérée si la personne salariée n’est pas autorisée à quitter son poste de travail. » Loi sur les normes du travail, RLRQ c. N-1.1, article 79

Trois choses que ce texte dit et qu’on lui fait rarement dire :

  • « Au-delà » veut dire au-delà. Une journée de cinq heures pile ne déclenche rien. Il faut dépasser les cinq heures consécutives.
  • La période est « sans salaire » par défaut. Vous n’avez pas à payer ces trente minutes — c’est le cas ordinaire, et c’est ce que fait une déduction.
  • Sauf si l’employé ne peut pas quitter son poste. La caissière seule au comptoir qui mange derrière sa caisse, prête à servir : sa demi-heure doit être payée. C’est le second alinéa, et c’est celui qu’on oublie.

La pause café n’est pas la pause repas

« Une personne salariée est réputée au travail dans les cas suivants : […] 2o sous réserve de l’article 79, durant le temps consacré aux pauses accordées par l’employeur » RLRQ c. N-1.1, article 57, paragraphe 2o

Autrement dit : les pauses que vous accordez sont du temps de travail payé. La pause de quinze minutes en avant-midi se paie. La période de repas de l’article 79 est l’exception à cette règle — et la seule. Aucune loi ne vous oblige à accorder une pause café ; mais si vous en accordez une, elle est payée.

Comment Rythmo l’applique

Deux politiques, réglées par employé et non par établissement — parce que la question « peut-il quitter son poste ? » ne reçoit pas la même réponse pour la caissière seule et pour la personne au bureau d’à côté.

Chaque politique correspond à un alinéa de l’article 79.
Politique Quand elle s’applique Ce qu’elle fait, et l’alinéa correspondant
Déduction automatique L’employé est libre de quitter son poste Trente minutes sont retirées des journées de plus de cinq heures. C’est le cas ordinaire de l’article 79, premier alinéa : la période est « sans salaire ».
Dîner payé L’employé doit rester à son poste Rien n’est retiré. C’est le second alinéa : la période « doit être rémunérée » quand la personne n’est pas autorisée à quitter son poste de travail.
  • Le seuil est fixe, et vous ne pouvez pas le régler. Cinq heures, parce que la loi dit cinq heures — et au-delà, donc une journée de cinq heures pile ne donne aucune déduction. Un seuil réglable serait une invitation à déduire plus tôt que la loi ne le permet ; c’est pour ça qu’il n’en est pas un.
  • Une pause pointée n’est pas une déduction. Si l’employé sort et revient, sa pause est déjà hors de ses heures — Rythmo n’additionne que les intervalles arrivée → départ. Déduire en plus la retirerait deux fois. La déduction ne s’applique donc qu’à une journée d’une seule venue de plus de cinq heures.
  • Le total se lit toujours décomposé. « 9h00 − 0h30 = 8h30 », jamais le net tout seul, sur aucun écran ni aucun document. Vous devez pouvoir refaire le calcul à la main — et votre employé aussi.
  • L’employé a travaillé pendant son dîner? La déduction s’annule. Pour cette journée-là, et l’annulation garde le nom de qui l’a faite. La politique de l’employé, elle, ne bouge pas.

Ce que Rythmo ne décide pas

  • Rythmo ne sait pas si la pause a été prise. Il applique la politique que vous avez posée.
  • Rythmo ne décide pas si votre employé peut quitter son poste. C’est le second alinéa de l’article 79, et c’est votre appréciation — employé par employé, ce qui est exactement pourquoi la politique se règle par personne et non par établissement.
  • Rythmo ne connaît ni votre convention collective ni un décret sectoriel, qui peuvent prévoir autre chose : l’article 79 commence par « sauf une disposition contraire ».

Cette page cite les textes officiels; ce n’est pas un avis juridique. Elle vous donne les références exactes pour que vous puissiez les lire vous-même, et pour qu’un conseiller juridique parte du bon article. Certains secteurs sont régis par un décret qui prévoit autre chose, et une convention collective peut écarter la règle : l’article 79 le dit lui-même dans ses premiers mots.

Sources, consultées le 4 septembre 2026, version « à jour au 1er avril 2026 » portant la mention « Ce document a valeur officielle » :

La déduction dîner, appliquée sans y penser

Vous posez la politique une fois, par employé. Le calcul suit, et le total reste décomposé sur chaque document.

Essayer gratuitement 30 jours

Retour à l’accueil